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entrée libre

Entrée libre

2004, Projet d'installation
Projet de mise en situation ludique des visiteurs à l'exposition.

Dispositif :
Une cloison sépare deux salles d'exposition créant deux zones : A et B. Le passage unique entre les deux zones est un tunnel de petites dimensions. Pour accéder à la seconde zone, le visiteur est obligé de pratiquer le tunnel en se mettant à quatre pattes.

Variante :
La zone A est vide, les murs sont peints en blanc. Dans la zone B a lieu la réception d'un vernissage d'exposition. Le visiteur qui veut accéder au buffet est alors contraint par le dispositif. Il est placé devant le sens de sa véritable présence à l'exposition.

Le dispositif entrée libre consiste en un tunnel qui relie deux espaces d'exposition séparés par une cloison. Le passage d'une pièce à une autre ne pouvant s'effectuer que par le tunnel mis en place, le visiteur de l'exposition doit se mettre à genoux et traverser le tunnel à quatre pattes s'il veut aller voir ce qu'il y a derrière la cloison. Le titre de l'œuvre entrée libre est absurde puisque la contrainte que met en place le dispositif inverse l'énoncé du titre.

Le dispositif a pour fonction de créer une situation ludique en travaillant avec le corps du spectateur. Il installe un passage hétérotopique dans l'exposition plaçant le visiteur dans une position participative. Le dispositif joue avec sa psychologie (le spectateur sera-t-il capable de se mettre à genoux ?) casse les codes des us et coutumes de l'exposition d'art. Ici rien à regarder, mais à pratiquer.

Le dispositif "entrée libre" est une installation autonome. Cependant, il doit nécessairement être un "passage" : soit se trouver à l'entrée de l'exposition (les visiteurs devant pratiquer le tunnel s'ils veulent se rendre à l'intérieur de l'exposition), soit être placé entre deux espaces d'expositions.
Le dispositif est un objet transitoire pour emmener, accompagner le spectateur vers autre chose, au-delà. Je le conçois à l'image du rituel du lancé de pierre que met en place Tarkovski dans le film Stalker, lorsque le Stalker guide ses compagnons dans la zone interdite.

"nous nous proposons d'inventer de nouveaux décors mouvants" Gilles Ivain, Formulaire pour un urbanisme nouveau, 1953-1958

"Ces maisons de plaisir sont des espaces variables et démontables créant des labyrinthes en perpétuel changement, des pièces chaotiques, difficilement pénétrables, faiblement éclairées, grottes dans l'obscurité, formes gonflables, capables de créer des situations où les gens ne savent pas à l'avance ce qu'ils verront, ce qui se passera."
Öyvind Fahlström, octobre 1967, New York